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Organisation publique municipale

« Le terrain de notre étude de cas est un service municipal de grande envergure appartenant à une des 10 grandes villes centres québécoises, trois années après la série de fusions municipales et durant les ajustements sur la restauration d’activités pour certaines municipalités. Ces deux restructurations visent l’amélioration des services de proximité auprès des citoyens, entre autres, grâce à la décentralisation des activités.
Le service municipal à l’étude rend déjà des services de proximité décentralisés depuis plusieurs années, avant même qu’arrivent ces restructurations majeures. C’est un service municipal expérimenté en matière de décentralisation d’activités. La Figure 9 (p. 59) schématise la position du service municipal au regard de la décentralisation de la prestation de services spécialisés de proximité. Il est au centre du modèle décentralisé, d’allure réticulaire, plutôt qu’à son sommet comme dans le cas d’un modèle centralisé d’administration publique. Le service municipal a développé des liens avec de nombreuses parties prenantes à la fois à l’interne de l’organisation municipale et à l’extérieur (élus, citoyens, groupes communautaires et associatifs, organismes publics et privés).
Figure 9. Service municipal au centre du modèle décentralisé des parties prenantes


 

Par ailleurs, cette décentralisation implique que son personnel soit distribué sur l’ensemble d’un grand territoire. L’étendue de son territoire n’a pas changé depuis plus de 20 ans, mais il a été découpé et reconfiguré, à plusieurs reprises, en unités de coordination (UC) décentralisées pour la prestation de services de proximité. Ce découpage est différent du découpage politique municipal que nous nommons « quartier ». De plus, ces deux découpages diffèrent de ceux propres aux autres services municipaux de cette municipalité de même que de ceux propres aux autres parties prenantes. Ainsi, le gestionnaire municipal se doit de tenir compte de multiples frontières.
Pour assurer la coordination de l’ensemble d’une quarantaine d’UC décentralisées, une structure de quatre unités de coordination de groupe (UC de groupe) assure la coordination des activités de services de proximité pour l’ensemble du territoire du service municipal. Chaque UC de groupe est composée d’une dizaine d’UC décentralisées. De plus, des unités de coordination spécialisées (UC spécialisées) et de soutien administratif (UC administratives) supportent ces unités de coordination centrées sur la prestation de services de proximité.
La Figure 10 (p. 60) présente la structure hiérarchique des unités de coordination du service municipal étudié. Elle met en évidence les gestionnaires de chaque type d’unités de coordination centrées sur la prestation de services de proximité. Ce sont des cadres de direction et les cadres intermédiaires.
Figure 10. Structure hiérarchique des unités de coordination du service municipal (janvier 2005)

 
Légende
R : Type de cadres responsables de l’UC où n est le nombre d’UC
UC : unité de coordination

Le premier niveau hiérarchique est constitué de la direction générale du service et de deux directions spécialisées, l’un pour le soutien administratif et l’autre pour la prestation des services de proximité. Les hauts dirigeants se situent à ce niveau.
Aux second et troisième niveaux hiérarchiques, les cadres de direction et les cadres intermédiaires se répartissent en fonction des deux directions spécialisées. La direction pour la prestation des services de proximité est la plus développée (environ 87 unités organisationnelles sur 113; 77 %). Elle réunit des gestionnaires d’UC de soutien spécialisé et des gestionnaires d’UC décentralisée.
L’ensemble des quelques 113 unités de coordination rassemble 148 gestionnaires. Il est aussi composé de techniciens et de professionnels appartenant principalement (environ 80 %) à une seule et même discipline. Les gestionnaires proviennent aussi, dans la même proportion, de cette discipline qui est spécialisée en résolution de problème socioéconomique. Ce personnel homogène, du point de vue disciplinaire, constitue le noyau dur (« core competency ») du service municipal. De plus, annuellement, 25% de l’ensemble du personnel quitte son unité organisationnelle pour en joindre une autre du même service municipal ou prend sa retraite. Ce personnel mobile est remplacé dans un laps de temps souvent très court par du personnel déjà en poste dans le service municipal ou par des débutants. La prochaine section sur les répondants donne plus de détails. »

(Mercier, 2007 : 58-61)

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